Anick-Marie la Globestoppeuse : plus de 150 000 km en autostop

Ecrit le 12 Oct 2015

Anick-Marie la Globestoppeuse

Photo par Du monde au tournant

Peux-tu te présenter ?

Anick-Marie, plus connue sous le nom de Globestoppeuse, 34 ans, 150 000 km de stop au compteur dans une trentaine de pays, principalement en Europe. Je suis nomade et je voyage surtout en solo, utilisant le stop comme principal moyen de transport, mais il m’arrive aussi de prendre le bus, le train, l’avion, le ferry ou le vélo solaire pour me déplacer. Je mène une vie plutôt nomade depuis maintenant 14 ans, entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie Mineure.

Mes projets sont variables. J’ai travaillé quelques années pour la sécurité du réseau d’hébergement Couchsurfing. Puis je suis devenue conférencière et j’ai coécrit La Bible du grand voyageur avec Nans Thomassey (Nus et culottés) et Guillaume Charroin. Ces dernières années, j’ai été impliquée auprès du rallye de vélos solaires The Sun Trip, d’abord comme participante, puis comme coordonnatrice.

L’auto-stop, c’est quoi pour toi ?

Mon aire d’expertise ! En 2009, à la recherche d’une idée de carrière, j’ai décidé de me concentrer sur la pratique de l’auto-stop comme sujet d’étude et d’en devenir une spécialiste, dévorant toutes les publications disponibles en ligne sur le stop, collectionnant les livres publiés et autres objets liés au stop et surtout effectuant une veille médiatique en plusieurs langues sur cette technique de voyage. Deux ans plus tard, à l’aube de la publication de la Bible du grand voyageur, j’ai démarré mon blog Globestoppeuse pour parler de culture de l’auto-stop et présenter des portraits de femmes qui font du stop, une niche complètement vide à l’époque sur Internet. J’ai étendu le sujet du blog au voyage alternatif puis à certains aspects de la vie nomade, mais ça reste surtout une vitrine francophone pour mon expertise et une façon pour moi de rencontrer d’autres auto-stoppeuses.

D’un point de vue personnel, j’aborde l’auto-stop avant tout comme mode de transport. Je ne pense pas forcément que je vais vivre une aventure, qu’il faut que je la partage… Pour moi, c’est un déplacement fonctionnel qui est convivial en plus d’être une pratique de langue, une opportunité de randonnée autour des villes dans des contextes non touristiques, une façon de poursuivre ma vie nomade et de partager mon ouverture à des gens qui pourraient en avoir besoin sur la route.

Une histoire vécue grâce à l’auto-stop ?

Parlant d’une conductrice dans le besoin, j’ai été une fois particulièrement utile à ma conductrice. Cette jeune Anglaise m’a récupérée dans une station service en Allemagne et elle semblait nerveuse et incohérente. Je me suis rendu compte qu’elle avait été battue par son conjoint violent. Elle avait bu, puis dormi dans sa voiture et était en route vers chez sa mère pour aller chercher du soutien. Elle avait des marques sur tout le corps… En chemin, nous nous sommes arrêtées au poste de police pour qu’elle puisse porter plainte, puis elle m’a déposée sur la route aux Pays-Bas. Elle allait beaucoup mieux car elle avait vraiment besoin de parler, de repères, d’écoute et d’empathie au moment où je suis montée dans la voiture. Elle était beaucoup plus stable quand je l’ai quittée. Cette histoire a beaucoup marqué ma philosophie de l’auto-stop, il ne faut jamais présumer de ce qui pousse quelqu’un à s’arrêter pour nous, et de l’impact que l’on peut avoir sur eux.

Que dirais-tu à quelqu’un qui n’ose pas encore faire de l’autostop ?

Je peux parfaitement comprendre que certaines personnes ne souhaitent pas faire de stop, que ce soit par peur de la prise de risque, par besoin de confort ou pour des raisons logistiques. Si le stop n’est pas du tout votre truc, ne vous imaginez pas que vous devez à tout prix en faire ! Par contre, qui sait, un jour ce sera vous qui serez dans une voiture à moitié vide en train de faire un trajet longue distance ennuyeux… Pensez à nous en bord de route qui avons besoin de votre hospitalité, qui nous offrons à la bienfaisance de la Providence pour tenir compagnie à des âmes esseulées dans le rythme des routes, à la recherche d’échange humain et avec toute monnaie la gratitude. Si vos tentatives d’obtenir des covoitureurs ont échoué ou que votre trajet ne convenait pas à cette logistique, recueillez-nous auprès de vous car le stoppeur n’est personne sans son héros du quotidien, le conducteur.

Cela fait pas mal de temps que je suis les aventures d’Anick-Marie à travers son blog. Son parcours atypique et son envie d’aller toujours plus loin en font une aventurière qui ne s’arrête jamais. Outre sa jolie plume, j’aime avant tout son côté pédagogue. Anick-Marie parle de sujets qu’elle maitrise et ses écrits vous donneront à coup sûr l’envie de voyager !

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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One Comment

  1. Bianca @ La Grande Déroute 12 octobre 2015 à 18 h 07 min - Reply

    Toujours aussi plaisant de lire à propos d’Annick-Marie! Merci 🙂
    Son dernier article : Le William Ricketts Sanctuary : un espace hors du commun au coeur des Dandenong Ranges

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