Astrid : témoignage d’une autostoppeuse chevronnée

Ecrit le 06 Jan 2016

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Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Astrid, je suis originaire d’Orléans et j’ai 29 ans. Je vis sur la route depuis 2013 : après un tour du monde d’un peu plus d’un an, je n’ai pas eu le cœur à me réinstaller dans une vie sédentaire. Je poursuis donc mon aventure en fonction des rencontres et des opportunités qui se présentent à moi. Je viens de rallier Nouakchott (capitale de la Mauritanie) en stop depuis Orléans, puis de virer vers le Nord pour découvrir une partie de la Scandinavie. Aujourd’hui, mon voyage prend un nouveau tournant, je viens de récupérer un van que j’aménage pour continuer mon périple un peu différemment. Je ne suis donc plus la pouceuse, mais celle qui s’arrête pour dépanner les auto-stoppeurs : après deux ans de générosité reçue aux quatre coins du monde, je suis plus qu’heureuse de pouvoir rendre à mon tour un petit service à ceux que je croise en route !

L’auto-stop, c’est quoi pour toi ?

L’auto-stop, c’est bien plus qu’un moyen de transport permettant de se déplacer d’un point A à un point B. C’est une plongée en plein cœur de la vie locale. C’est une expérience sociologique souvent déroutante, et une aventure humaine qu’il est difficile de décrire. C’est un mélange d’excitation et de dépassement de soi, d’aventure et d’introspection. C’est un feu d’artifice émotionnel : attente, déception, ivresse de la route, découragement, colère, solitude, nouvel espoir, gratitude. Ce sont des histoires de vies qui se croisent l’espace de quelques heures, des confessions, des silences, des rires, et parfois des larmes.

Le stop, c’est également un moyen de s’émanciper, de goûter au délicieux parfum de la liberté, d’abandonner ses craintes et de s’en remettre au hasard, tout en communiant avec ce qui nous entoure. C’est apprendre à aimer cette incertitude qui nous semblait pourtant si effrayante. C’est aussi savoir croire en soi, apprendre de l’autre, connaître ses propres limites, se redécouvrir soi-même (d’ailleurs, sous un jour pas toujours glorieux) et se remettre en question.

Voyager le pouce levé, c’est par ailleurs aller à l’encontre de notre société boulimique de consommation, qui nous renferme bien trop souvent sur nous-mêmes et nous pousse à en faire toujours plus, et toujours plus vite. On a beau dire que le temps, c’est de l’argent, je persiste à maintenir que le luxe, c’est de pouvoir prendre son temps.

L’auto-stop, c’est remettre son voyage entre les mains du monde, ce qui nous oblige à faire confiance en la nature humaine. L’auto-stop est un art. Il s’agit finalement de poésie.

Une histoire vécue grâce à l’auto-stop ?

Il y a environ un an, durant mon tour du monde, j’étais au Botswana avec une amie suédoise. Nous n’avions aucune idée de ce que nous voulions y faire, car c’est le hasard qui venait de nous pousser à franchir la frontière. Nous avons donc décidé de traverser le pays de façon aléatoire, en demandant aux conducteurs qui s’arrêtaient « où allez-vous ? » et « pouvons-nous nous joindre à vous ? ». Nous misions donc sur les rencontres et l’imprévu : un peu toutes les joies de l’auto-stop réunies. Le premier jour, un couple de jeunes se rendait à une fête dans la petite ville de Phikwe. C’est sur les canapés d’une boîte de nuit, El Paso, que nous avons passé la nuit, avant d’être invitées et reçues comme des princesses par Kingston, le frère du jeune homme.

Le lendemain, nous tendions à nouveau le pouce au bord de l’A1 jusqu’à ce que Blondie (pas un petit blond non, un grand black baraqué) nous conduise un peu plus loin. Ce fut ensuite au tour de Mustafa et Tony de nous récupérer sur cette autoroute, en nous interpellant de la façon suivante : « héééé mais ce n’est pas vous qui dormiez sur les canapés du El Paso hier ??? ». À cet instant, nous avons dû troquer une partie de notre amour propre contre des sourires un peu gênés… Les garçons nous ont alors proposé de nous conduire jusqu’à Gaborone, ou Gab’s pour les intimes. Après une journée extraordinaire passée à leurs côtés, ils nous ont généreusement confié les clefs d’un appartement.

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons quitté les lieux et nous nous sommes retrouvées en plein centre-ville de Gaborone, sans réellement savoir où aller. Le seul plan : aller boire un café sur la terrasse d’un hôtel. C’est ainsi que nous avons rencontré Anton, un jeune banquier sud-africain venu au Botswana pour affaires, et qui, après avoir écouté avec intérêt notre récit des jours précédents, a insisté pour faire partie de notre aventure. Nous avons donc passé les dernières vingt-quatre heures en sa compagnie, et il nous a gentiment invitées à dormir sur un matelas de fortune dans sa chambre d’hôtel (pas n’importe lequel : le Luxury President Hotel!).

Enfin, comme notre karma était vraiment au meilleur de sa forme ce jour-là, nous avons rencontré par hasard le futur maire de Gab’s, qui sur un coup de tête a décidé de nous faire visiter toute la capitale en voiture, tout en dégustant de l’estomac de vache bouilli.

Bref, l’auto-stop, c’est bien plus qu’un moyen de transport et finalement, ce n’est pas toujours synonyme de galère.


Ce que j’aime chez Astrid, c’est son envie de vivre des aventures et de croquer le monde sans en avoir peur. À travers les articles de son blog Histoires de tongs, on découvre sa philosophie de vie, celle d’une personne qui a décidé d’être libre. Je vous conseille de suivre ses aventures sur son blog : des récits de voyage, des conseils, des expériences de vie et de très bons articles sur l’autostop comme celui sur la philosophie de l’autostop. Bonne lecture.

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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