La Réunion à pied : de La Roche Écrite à Dos d’âne (étape 2 Gr r2)

Ecrit le 30 Oct 2017

Traversée de la Réunion – Jour 2

La nuit a été courte. Endormi un peu avant minuit car je voulais absolument écrire mon journal de bord, j’avais mis le réveil à 3h45. Si le ciel est dégagé, alors j’entamerai une marche de 2 heures pour voir le lever du jour à la pointe de la Roche Écrite.

A 4h15, après avoir bu 1 litre d’eau et mangé quelques fruits secs, je pars avec mes compagnons de route et nos lampes frontales. Point d’énormes sacs dans nos dos puisque nous revenons au gite pour déjeuner. Marcher à la frontale est un pur kiff. Le ciel est rempli d’étoiles plus brillantes les unes que les autres. Orion au milieu. Je m’essaye à la photo de nuit avec mon téléphone mais ce n’est pas gagné. On entend le jour se lever grâce aux oiseaux qui chantent de plus en plus fort. Le parterre d’étoiles se dissipe peu à peu et dès 5h, la lumière commence à changer à l’horizon.

Levee du jour La Roche écrite

Nous sommes très lents avec seulement 4 frontales pour 6 personnes. Inertie de groupe, il faut s’attendre et ne pas se perdre. A un moment, on fait tous fausse route. On s’en rend compte car le chemin est plus laborieux et les flèches blanches disparaissent. A 5h15, il fait déjà jour. Nous n’arriverons pas au sommet à temps. Certains accélèrent le pas, d’autres subissent la montée et l’altitude. Pour ma part, je sors mon drone pour capturer cette jolie lumière matinale. Les arbres et les rochers arborent une couleur orangée. Les nuages à l’horizon se dissipent et la mer apparait au loin.

J’arrive bon dernier au point culminant. Ah non, il manque Elena ! Comment est-ce possible ? Car j’ai vraiment pris tout mon temps et je n’ai croisé personne depuis plus d’une demi-heure. Nous demandons aux quelques randonneurs qui montent s’ils ont dépassé une fille. Un non unanime à chaque fois. Mais où est donc passée Elena ? Nous essayons de la joindre par téléphone mais les communications sont passagères. Je survole en drone en espérant pouvoir la voir où à l’inverse, qu’elle l’entende et fasse de signes. Rien. Perrine a un sifflet pour indiquer notre position. Nous décidons d’entamer la redescente, tout en continuant à interpeller les marcheurs. Toujours rien. Enfin, un indice. Elena a envoyé un message sur nos portables. Elle est donc saine et sauve, juste égarée quelque part dans la montagne. 30 minutes plus tard, elle réapparait comme par magie sur le sentier :  » Je me suis perdue  » dit elle avec son accent espagnol. Elle nous raconte qu’elle n’a pas fait attention au panneau de signalisation et qu’elle est allée tout droit.

Nous arrivons tous ensemble au gite à 08h30. Le petit-déjeuner est décevant. Des biscottes avec un chocolat chaud. Rien qui ne puisse me rassasier. Nous remballons nos affaires et il est déjà temps de dire au revoir à mes nouveaux amis. Quelques accolades plus tard, je suis seul. Le groupe de 5 amis redescend sur Saint-Denis et j’entame la 2ème étape du GR R2.

Mon cerveau passe dans un autre état. A présent seul moi pourra prendre des décisions et je vais devoir être d’une extrême vigilance. Une chute est très vite arrivée, tout comme le fait de se tromper de chemin. D’ailleurs en partant du gite de la plaine de chico, j’ai un doute car je ne vois pas les marques rouges et blanches. Je fais même demi-tour pour enlever tout doute. Cela serait bête de se tromper de sentier dès le début. La direction indique Dos d’Âne 2h45. J’ai moins mal qu’hier et la douleur au niveau de l’omoplate gauche a disparu. Je longe les crêtes et en prend plein les yeux. Le chemin n’est pas trop technique malgré les montées et descentes qui s’enchainent tel un dos d’Âne. Le nom viendrait-il de ça ?

Pendant 1 heure, j’ai sur ma gauche une vue imprenable sur le cirque de Mafate avec comme arrière plan le piton des neiges. Je sors mon drone et prends un plaisir fou à capturer la crête. Par contre je n’ai plus d’eau, il est 13h30 et je n’ai toujours pas déjeuné. J’aurai déjà dû être arrivé. J’aperçois l’étape Dos d’Âne en contrebas . Il ne me reste plus qu’a entamer ma descente vers la ville. Deux chemins possibles. Direct en 20 minutes ou en passant par le col en 35 minutes. Je suis las de marcher et prends le choix 1. Sentier apparemment très peu emprunté, des herbes folles le recouvrant par endroit. La descente est rude et la visibilité mauvaise due à un non entretien de la végétation. Arrivé en bas, un autre panneau m’indique encore 10 minutes supplémentaires pour aller jusqu’au refuge. Les coquins, ils auraient pu le dire avant. J’aurai choisi l’autre tracé.

Bref, j’arrive épuisé au Pilon d’or. Il est 15h30. Je fais la rencontre d’un couple de français qui fait aussi le GR, et en plus dans la même direction que moi. Superbe rencontre avec Gaëlle & Clément avec qui je pense, je vais marcher par la suite. Une omelette, une sieste, un punch, un diner copieux, enchaîné avec 2 heures d’écriture, je me couche à minuit 30. Demain Petit déj à 06h30.

Mon journal de bord

 

 

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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