Etape 6 : J’ai failli mourir sur le GR20 // de Petra Piana à Col de Vergio

Ecrit le 23 Nov 2016

Lac Nino Corse - GR20

Episode 6 de la Websérie : UNE BELLE JOURNÉE

Le récit du jour 6

Ce matin, pas besoin de réveil. Pour cause, nous avons passé une nuit plutôt « fraiche » dans une tente où TOUT était mouillé. Il faisait tellement froid qu’avec Youri, nous avons utilisé la technique du dos-à-dos pour nous réchauffer. Je ne sais pas si cela marche, mais cela nous faisait rire, pas un rire de joie, plutôt un rire nerveux du genre, « qu’est-ce qu’on fout là putain ? ». Je tremblais au début mais en faisait la cuillère avec Youri en me terrant au fond de mon duvet 5 degrés, j’ai fini par trouver le sommeil. Il faut dire que j’étais tellement épuisé que j’aurais pu m’endormir dans n’importe quelle situation… J’ai passé des moments pires que celui-ci, ce qui n’est pas le cas de Youri qui me dit au réveil : « La pire nuit de ma vie ». Avec plus de 11 680 nuits à son actif (oui j’ai compté), je peux vous dire qu’il a vraiment passé un sale moment.

Je vous dis que la lumière était magnifique ?

Je vous ai dit que la lumière était magnifique ?

Il est 6h du matin lorsque nous sortons de la tente. Nous scrutons le ciel à la recherche d’informations. Fera-t-il beau ou pas ? A-t-on entendu nos prières ? Oui ! Le ciel est d’une beauté incomparable. Pas un seul nuage à l’horizon et les étoiles se sont faites belles pour nous. Les premières lueurs du jour se font savoir. La visibilité est parfaite. Dire qu’hier, on ne voyait pas à 5 mètres. Nous découvrons enfin la vue du refuge de Petra Piana. Nous partons une heure plus tard et nous régalons des premiers rayons du jour. Enfin du soleil et il ne nous quittera pas de la journée ! J’en profite pour faire sécher mes affaires (chaussettes/caleçon/serviette) sur mon sac à dos. J’en ai un peu marre d’avoir des vêtements mouillés.

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La marche devient de plus en plus technique et le terrain n’a rien à voir avec celui du Sud. Nous sommes dans un univers fait de roches. On aperçoit un lac en contre-bas que nous contournons pendant des heures. Je profite du beau temps pour sortir mon Reflex, ce gros appareil photo que je mets en bandoulière. Pourquoi vous dis-je ça ? Car le sentier se complexifie et en voulant franchir un passage étroit, je me précipite pour me mettre face à la paroi. Le truc, c’est j’ai « oublié » que j’ai mon appareil au niveau du bide. En voulant me coller au rocher, je bute avec celui-ci et je me retrouve projeté en arrière. Derrière moi, le vide bien sûr. Dans un sursaut de survie, je saute in extremis. L’action se passe au ralenti. J’entends mon nom résonner dans toute la vallée « Rémiiiiiiiiiiiii », c’est Youri qui assiste à la scène et qui a activé ses super pouvoirs. Il se jette sur moi et me pousse suffisamment pour que j’arrive sain et sauf sur le palier. On vient de passer à côté du pire, tout comme Ronan le troisième jour. Nos caméras ont pris un choc, mais peu importe, nous sommes en vie et nous allons pouvoir raconter au monde entier notre histoire d’amitié 🙂

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La journée continue pépèrement. Je prends de magnifiques images, ce n’est pas très dur vu les décors dans lesquels nous déambulons. En marchant, je pense déjà aux phases de montage que je vais pouvoir faire, ainsi qu’aux articles que je vais écrire. Essayer de retransmettre ce que je vois et ce que je vis n’est pas chose facile, alors j’observe au mieux et suis à l’écoute de mon corps et mes émotions. L’après-midi est tout aussi fantastique. Nous traversons d’immenses plaines bucoliques et le groupe se disloque au niveau d’un lac, le lac Nino. Nous perdons plus de 30 minutes à cause de ce contretemps. La vue est tellement belle que ça m’est égal d’attendre Youri et Ronan. Des nuages jouent à cache-cache avec le soleil, la montagne en arrière-plan, les reflets sur le lac, WHAOUUH !

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Et puis, on a regardé l’heure et on a réalisé qu’on n’aurait jamais assez de temps pour doubler l’étape si on continue à ce rythme-là. On décide d’accélérer le pas. Nous volerons pour aller plus vite. Le chemin est roulant, du plat et de la descente sur plusieurs kilomètres. Nous courons de bonnes joies, coupons par les bois pour gagner quelques mètres, nous rigolons et sommes en plein kiff. Moi qui avais mal aux genoux, j’oublie un peu la douleur par l’adrénaline que procure cette course folle. Les groupes de randonneurs que nous dépassons nous prennent pour des fous. Nous prenons des risques, pas mortels, mais suffisants pour nous faire une cheville. Heureusement, tout se déroule bien et on arrive finalement au refuge de Col de Vergio. Après débat, nous y resterons la nuit à la seule condition de partir très tôt demain matin : 5h30 pile !!

Je vous ai dit que ca grimpait ?

Ca grimpe !!

Je me paye une bière Corse et quelques chips pour me réconforter des efforts de la journée. Nous mangerons un plat commun : des pâtes tomate/thon, sans aucune épice et donc sans sel… BERK.

Je discute avec un autre randonneur et lui raconte mes déboires. Je lui avoue même avoir perdu un caleçon et ma serviette sur le sentier. Je les faisais sécher sur mon sac à dos et ils sont tombés pendant qu’on marchait. Et là, surprise, Ô surprise, il me dit avoir ramassé une serviette verte (la mienne ?) et il l’a même lavée car elle ne sentait pas bon (oui c’était bien la même). Bref, la journée se finit bien et nous sommes mentalement dans une forme olympique. Car physiquement, il faut l’avouer, ça commence à rouiller.

Un commentaire, une question pour le Capitaine ?

A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage.
Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t’encourage toi aussi à vivre tes rêves !

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4 Comments

  1. Sylvie 23 novembre 2016 à 14 h 48 min - Reply

    Hello Capitaine !
    Avec les enfants (et surtout mon fils hémiplégique), je n’ai pas tout à fait (pas du tout même…) vécu les mêmes aventures que toi, mais on l’a quand même vu ce lac de Nino dont tu parles ! Et c’est vrai qu’il est absolument superbe et mérite bien qu’on s’y attarde !
    Merci en tout cas pour le petit coucou sur mon blog, et bon vent à toi pour la suite…

  2. Astrid 23 novembre 2016 à 18 h 42 min - Reply

    Ben dis donc tu vis dangereusement toi! Heureusement que Youri était là, il déchire ton compagnon de route 🙂 C’est pas moi qui ferais des randos de dingue comme ça en tout cas, bravo^^ Bises
    Son dernier article : Toute l’œuvre de Paolo Coelho, pour voyager à travers les mots

  3. tremolo 24 novembre 2016 à 11 h 07 min - Reply

    bravo pour ton récit et je suis aussi ceux de Youri, en fait vous m’avez un peu inspiré tous les deux c’est pour ça que je me suis essayé au récit narratif plutôt qu’un récit trop descriptif et donc chiant pour quelqu’un qui ne peut pas comprendre qu’on puisse aimer marcher, la Corse, le GR20, en prendre plein la gueule pour pas un rond ………. la mort tu l’as frôlée, soit en sûr !!! moi mon ange gardien s’appelait Kiki ….. c’est sur le GR20 c’est pas pour les tafioles, par moments c’est chaud, très chaud ….

  4. Jenny 5 décembre 2016 à 23 h 57 min - Reply

    La vaaaaaaaaaache !!!!!
    Je sais pas si tu crois en Dieu ou je ne sais quelle autre divinité, mais en tout cas, tu peux croire en Youri 😀 Et il mérite une remise de médaille de l’aventurier héros hehehe

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