FreeganPony : J’ai mangé dans un squat à Paris

Ecrit le 18 Jan 2016

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Voyager, ça ouvre forcément l’esprit. Évidemment, pour cela il faut voyager hors des sentiers battus et quitter les autoroutes à touristes. On découvre alors des modes de vie différents et puis surtout on s’interroge sur la société dans laquelle on vit. Les inégalités sont frappantes et nous renvoient en pleine gueule à notre petit confort. Alors quand on revient de voyage pile pendant la période de Noël, et bien le choc est d’autant plus grand. L’hyperconsommation bat son plein et notre bon vieux système capitaliste nous dégoute.

On remet donc en question notre société. On s’interroge sur notre futur, celui de notre planète et celui des autres Hommes. On va au cinéma voir le film « Demain » de Mélanie Laurent, on lit « Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi, on s’intéresse à de nouveaux modes de vie porteurs de sens, on creuse le sujet de la consommation et on s’indigne devant tant de gâchis.

Le sujet est vaste, très vaste… Mais aujourd’hui j’aimerai vous parler d’un seul sujet : le glanage alimentaire, le mouvement « freegan » ou encore le Dumpster Diving pour les anglophones.

Mais c’est quoi le glanage alimentaire ?

Faire les poubelles. Ouais, dit comme ça, ça ne fait pas rêver et vous allez me prendre pour un pouilleux. Le but est de récupérer dans les poubelles les produits encore consommables.

Mais c’est dégueulasse ?

Attention, je ne vous parle pas de récupérer le fond d’une bouteille de jus d’orange ou les restes d’un vieux sandwich. Je vous parle de récupérer des produits sains, qui sont le plus souvent encore sous emballage.

Mais je ne comprends pas. Qui jette des produits encore bons ?

Toutes les grandes surfaces. Mais pas que, des produits encore consommables, on peut en trouver aussi dans les poubelles des supérettes, des restaurants, des boulangeries, des marchés de fruits et légumes,. etc.

Tu veux dire que les supermarchés jettent de la bouffe encore bonne ?

Oui ! Regarde ce que dit par exemple cette employée de chez Monoprix :

« Je suis confrontée tous les jours au gaspillage alimentaire. On jette de tout, et en grandes quantités. Pour les produits périssables, par exemple, la règle est de les jeter deux jours avant la date limite de consommation (DLC). […] Les produits qui ont des petits défauts d’emballage, ou quand il y a eu une commande trop importante, finissent dans les containers. »

Toutes les grandes surfaces sans exception jettent des produits encore consommables.

Mais qui fait du glanage alimentaire ?

Il y a les plus démunis. Ceux-là n’ont pas vraiment le choix.

Il y a ceux qui détestent ce gâchis, on les appelle les « freegan ».

Le gaspillage est tellement important que des initiatives se créent pour redistribuer les denrées trouvées. Par exemple, « Les Gars’pilleurs » basés sur Lyon se sont donnés pour mission de redonner cette nourriture comestible à tous et à toutes.

Et sur Paris, j’ai découvert FreeganPony. Le concept est encore différent puisqu’ils ont décidé d’ouvrir un restaurant Freegan. Ils utilisent uniquement des produits glanés sur le marché de Rungis. Ces produits (des fruits et légumes) sont des invendus et sont donc amenés à être jetés. FreeganPony s’engage à les récupérer et à les cuisiner. Cette initiative a été lancée par Alladin Charni et existe grâce à ces bénévoles (orga’, com’, cuisiniers, plongeurs, etc).

FreeganPony reçoit chaque soir du week-end une soixantaine de Parisiens venus tenter l’expérience. Bien qu’il s’agit d’un squat — le mot squat peut faire peur — j’ai plus eu le sentiment d’être dans un endroit branché et hypster. On paye sa boisson et ensuite on attend son tour, confortablement assis sur du mobilier chiné chez Emmaüs. On discute avec ses voisins de table et une fois que vous avez dévorés l’entrée plat-dessert (un régal !), à vous de décider de combien sera votre contribution.

Copyright Free Rubens http://freerubens.com/

 

Bref, une bien belle idée pour déconstruire les préjugés et sensibiliser les gens au gaspillage alimentaire.

Alors ça vous dit ?

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage.
Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t’encourage toi aussi à vivre tes rêves !

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2 Comments

  1. Astrid 15 juin 2016 à 15 h 37 min - Reply

    Salut Rémi! Je viens de tomber sur ton article par hasard, super…! Merci pour le lien vers mon site au passage 🙂 Bonne continuation, au plaisir!
    Son dernier article : Trois ans de voyage, d’amour et d’eau fraîche : du rêve à la réalité

  2. Fabrice 19 octobre 2017 à 18 h 06 min - Reply

    Belle initiative. D’après la page FB, la gestion du projet n’a pas l’air simple. Bon courage à eux.
    Son dernier article : Nager avec les baleines à Tahiti. Pour ou contre ?

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