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Qu'est-ce qu'un écrivain voyageur ?

Un écrivain voyageur — ou auteur voyageur, selon les appellations — est quelqu'un qui part à l'aventure et transforme ses expéditions en récits littéraires. Ce n'est pas simplement un blogueur qui publie des notes de voyage : l'écrivain voyageur travaille son texte, soigne son style, cherche à transmettre une émotion, une vision du monde. Il est à la fois aventurier, narrateur et témoin de son époque.

La littérature de voyage est l'un des genres les plus anciens qui soient — des récits d'Hérodote aux carnets de Nicolas Bouvier, en passant par Jack London ou Ella Maillart. Aujourd'hui, une nouvelle génération d'auteurs voyageurs renouvelle ce genre en y mêlant humour, introspection et engagement. C'est dans cette lignée que s'inscrivent mes récits d'aventure.

Comment es-tu devenu écrivain voyageur ?

J'ai commencé à voyager en 2008, à 21 ans, parti une année vagabonder en Australie. Dans mes bagages, un petit carnet dans lequel j'écrivais mes pensées et mes rencontres. À cette époque, loin de moi l'idée de devenir auteur — j'aimais simplement écrire, pour moi.

Quelques années plus tard, en retombant sur ce journal intime, j'ai compris l'importance de l'écrit. Je découvrais avec stupéfaction des réflexions que j'avais pu avoir. J'avais l'impression de rencontrer une autre version de moi-même.

C'est lors d'une traversée de l'Atlantique en voilier que tout a basculé. Je tenais un journal de bord quotidien pour le film documentaire que je réalisais. Au final, j'avais plus de 80 pages de notes — trop riches pour un film. J'ai décidé d'en faire un livre. Ce premier récit de voyage a changé ma vie : j'avais trouvé mon médium d'expression.

Rémi Le Calvez écrivain voyageur breton

Pourquoi écrire un livre de voyage plutôt qu'un blog ?

Le blog permet la réactivité, la proximité avec le lecteur, l'instantané. Le livre impose une distance, une durée, un travail de réécriture qui transforme l'expérience brute en quelque chose de plus universel. Dans un récit de voyage publié, on peut développer un personnage, construire une tension narrative, faire ressentir le froid d'une nuit en bivouac ou la chaleur d'une rencontre inattendue.

Et puis il y a ce que le livre permet que ni le blog ni la vidéo ne font aussi bien : la profondeur. Sur mon blog d'aventures, je partage des récits courts, des photos, des moments. Dans un livre, je peux prendre le temps de raconter une conversation de trois heures avec un inconnu rencontré sur un sentier, ou décrire minutieusement ce que l'on ressent au 7e jour d'une traversée en solitaire.

J'écris pour deux raisons profondes :

  • Transmettre des idées. Par mes récits, je souhaite inspirer, questionner, semer des graines. Un livre reste. Il peut être lu dix ans après sa parution et toucher quelqu'un qui ne me connaît pas.
  • Comprendre ce que j'ai vécu. L'écriture est un outil d'introspection puissant. En racontant une expédition, je découvre ce qu'elle m'a réellement appris sur moi-même et sur le monde.

Quel est le quotidien d'un auteur voyageur professionnel ?

Le quotidien d'un écrivain voyageur est tout sauf romantique dans le sens convenu du terme. Il alterne entre des phases d'expédition intenses — où l'on marche, pagaie, pédale ou navigue, comme lors de mes grandes randonnées — et de longues périodes de travail sédentaire, assis devant un écran, à réécrire les mêmes paragraphes dix fois.

Concrètement, pour chacun de mes livres, j'ai passé autant de temps à écrire et réécrire qu'à vivre l'aventure elle-même. La relecture, la correction, la mise en page, les échanges avec l'éditeur (ou avec soi-même quand on est son propre éditeur, comme avec les Éditions Kapoupa) — tout cela représente des centaines d'heures de travail invisible.

La vie d'auteur voyageur ne se limite pas au livre : elle se prolonge sur scène avec des conférences et des spectacles qui permettent de partager ces aventures en direct avec le public.

Comment financer un projet de livre de voyage ?

La question du financement est centrale pour tout auteur voyageur indépendant. Les à-valoir des maisons d'édition traditionnelles sont souvent faibles, et beaucoup d'auteurs de voyage ne vivent pas de leurs droits d'auteur seuls.

Pour mes livres — de l'Atlantique au GR34 en passant par le tour du monde et le GR20 — j'ai opté pour le financement participatif via Ulule, en prévendant les exemplaires avant impression. Cette approche permet de valider l'intérêt du projet, de financer l'impression et de créer un premier cercle de lecteurs engagés dès le départ. Mes campagnes ont régulièrement dépassé 300 à 400 % de l'objectif initial — preuve qu'une communauté fidèle est le meilleur éditeur qui soit.

Des auteurs voyageurs qui m'ont inspiré

Voici les écrivains voyageurs qui ont nourri mon imaginaire à la fin de l'adolescence : Alexandre Poussin, Sylvain Tesson, Jules Verne, Nicolas Vanier, Mike Horn.

Le livre qui m'a donné envie de partir seul : Le monde en stop de Ludovic Hubler.

Dans la littérature classique, deux textes m'ont particulièrement marqué : L'Alchimiste de Paolo Coelho et Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach.

Ma sélection de récits de voyage contemporains

La littérature de voyage française est vivante. Voici des auteurs et autrices de la nouvelle génération que j'aime et recommande :

  • L'éco-Aventurier — Julien Moreau
  • Paris-Téhéran à vélo — Michael Pinatton
  • Aventures en Loire : 1 000 km à pied et en canoë — Bernard Ollivier
  • Marcher vers son essentiel — Pauline Wald
  • Petite — Sarah Gysler
  • Aller voir Ailleurs, dans les pas d'un voyageur aveugle — Jean-Pierre Brouillaud
  • L'homme qui marche — Jean Béliveau
  • Un chemin de promesses — Édouard et Mathilde Cortès

Je lis quotidiennement des récits de voyage et des autobiographies. Si vous connaissez un auteur ou une autrice à ne pas manquer, laissez un commentaire ci-dessous ! Et si vous voulez échanger directement, contactez-moi.

Capitaine Rémi, auteur voyageur breton

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