L’autostop : mes précieux conseils pour ne pas attendre 3 heures

Ecrit le 29 Oct 2016

Autostop : conseils pour ne pas attendre 3 heures

Faire de l’autostop, ce n’est pas compliqué si on applique quelques règles simples. Après quelques milliers de kilomètres à faire du stop, je vous livre mes astuces pour optimiser vos performances et devenir le roi ou la reine du bitume.

Savoir se positionner pour faire du stop

Je pense qu’il s’agit de la chose la plus importante quand on fait du stop. Qu’est-ce que cela signifie savoir se positionner ? Cela veut dire trouver un emplacement idéal où tout est au vert pour que les conducteurs décident de s’arrêter.

Il faut toujours se mettre à la place de l’automobiliste. Qu’est-ce qui fait qu’un conducteur va vouloir s’arrêter ?

1. Etre bien visible et de loin !

Evitez de vous positionner dans un virage ou derrière un panneau, il faut que les automobiles aient le temps de vous voir pour qu’ils aient le temps de prendre une décision.

2. Choisir un endroit où les voitures ne vont pas vites

Si les voitures déboulent à toute vitesse, il y a peu de chance qu’elles s’arrêtent. Il faut privilégier un endroit où les voitures ralentissent (un feu, un stop, un cédez-le-passage). Evitez également les endroits où les voitures sont en phase d’accélération.

3. Choisir un endroit où les voitures peuvent s’arrêter facilement

Les automobilistes ne vont pas se mettre en danger pour vous, il faut qu’ils puissent s’arrêter facilement. D’où l’importance du point n°2 😉 Les bretelles d’entrée d’autoroute sont donc à bannir !

4. Choisir un endroit sans trop de circulation

Statistiquement, on pourrait penser que plus il y a de voitures qui passent et plus les chances sont grandes… Et bien pas forcément car les automobilistes pensent de la même manière : ils se disent que vu le monde, il y aura bien une autre voiture qui s’arrêtera… Manque de bol, tous les autres se disent la même chose.

Je vous conseille de vous mettre à la sortie des villes. Depuis Paris, je fais en sorte de prendre un train pour commencer le stop depuis la banlieue parisienne.

5. Choisir un endroit sans trop de bifurcations

Plus il y a de choix différents (de routes possibles), plus les automobilistes penseront qu’ils ne vont pas au bon endroit, et ils ne s’arrêteront donc pas… Il vaut mieux donc être situé sur une route où il n’y a qu’un seul choix possible.

D’où la question : Faut-il faire du pouce ou montrer un panneau ?

Pour ma part, s’il y a trop de bifurcations, je préfère avoir un carton qui signale ma direction. J’aime mettre le nom de la route (Exemple A10) ou le nom d’une grosse ville qui est dans ma direction. La plupart du temps, je trouve qu’avoir une pancarte indiquant la direction n’est pas nécessaire. Pour votre pancarte, ne soyez pas radin en encre et écrivez en GROS et en GRAS pour que cela soit visible de loin.

Où se placer pour faire du stop ?

Les ronds-points

Les ronds-points sont des endroits intéressants pour l’autostop. J’utilise trois stratégies différentes en fonction de la circulation et de la taille du rond-point.
exemple rond point autostop

Entrée du rond-point

Je me mets à l’entrée du rond-point, là où les automobilistes marquent l’arrêt. Ils ne peuvent pas me louper quand ils arrivent et marquent généralement l’arrêt à cause du cédez-le-passage. Cette option est valable quand derrière il n’y a pas 30 choix possibles. Généralement, la majorité des voitures arrive par l’entrée A et sorte par la sortie C. L’utilisation d’une pancarte peut être utile si trop d’options derrière.

Sur le rond-point

Il y a des petits ronds-points où la circulation est rare et où aucune voiture ne marque l’arrêt. Je me positionne donc sur le rond-point en face de l’arrivée des voitures. Si une voiture souhaite me prendre, elle a le temps de me voir et peut toujours faire le tour du rond-point pour me récupérer.

A la sortie du rond-point

Je me mets 2 mètres avant la sortie du rond-point. Cette technique marche uniquement s’il y a de la place pour s’arrêter ! Je vous déconseille cette technique si la sortie concernée est une phase d’accélération (genre entrée d’autoroute).

Les feux rouges

Les voitures sont à l’arrêt et les automobilistes ont donc le temps de prendre une décision. C’est à ce moment là que votre sourire est le plus important 🙂 Comme toujours ne pas hésiter à faire des signes.

Les aires d’autoroute

Il s’agit de mes endroits préférés. Il faut prendre son courage à deux mains et se mettre en position de demande. Je vais généralement voir chaque personne pour lui demander s’il a besoin de compagnie sur son trajet 🙂 Il faut un peu de culot, et j’avoue que mes premières demandes sont un peu hésitantes. Mais au bout de 3, je gagne en confiance. Je n’hésite plus et je vais voir tout le monde. Cela nécessite un peu plus d’énergie, mais c’est pour moi le meilleur moyen de trouver une voiture. On parle avec le conducteur et il a le temps de s’apercevoir qu’on est une bonne personne 😉

Je vois souvent des autostoppeurs qui attendent à la sortie des aires d’autoroutes. Je trouve cette stratégie beaucoup moins efficace. Si toutefois, vous optez pour attendre, n’attendez pas au bout de la voie d’accélération mais tout au début !

Les stations-service

Même combat que sur les aires d’autoroutes, allez parlez aux gens (sans les effrayer) et c’est gagné !. Si vous n’allez pas à la rencontre des automobilistes, faites en sorte d’être vu avec votre pancarte quand ils font le plein.

Les péages

Personnellement, en France je n’ai jamais attendu plus de 15 minutes à un péage. Je me positionne juste derrière les barrières. Les conducteurs ont largement le temps de vous voir, l’occasion pour vous de montrer votre plus beau sourire.

Oser faire du stop

Mes petits trucs à moi :

Écouter les signes

Il m’est arrivé d’attendre trop longtemps à des endroits où pourtant, pas mal de voitures passaient… Au bout d’une heure, exténué, je décidais de marcher et de changer de stratégie. 300 mètres plus loin, je me repositionne et là BINGO, je suis pris en moins de 5 minutes !

Trouver un bon spot nécessite parfois de marcher, ou même de prendre un bus. Je préfère faire l’effort plutôt qu’attendre trop longtemps à un spot qui n’est pas optimisé.

Si vous voyez que malgré le passage incessant des voitures, qu’il n’y a aucune voiture qui s’arrête, il se peut que votre emplacement ne soit pas le meilleur.. Changez de place, vous allez voir, vous serez de nouveau motivé 😉

Faire de l’autostop par mauvais temps (pluie, froid)

Quand il pleut ou qu’il fait terriblement froid, les automobilistes ont pitié de vous et auront tendance à s’arrêter plus facilement.

Faire sourire les conducteurs

Quand une voiture arrive, je fais de grands signes, je sautille, je fais des pas de danse, mon but est de me faire remarquer et de décrocher un sourire. Les gens s’excusent de ne pas pouvoir vous prendre et vous encouragent même !

Avoir un plan papier avec les villes / routes importantes

Quand j’ai le temps, j’essaye d’imprimer un plan de la région avec les axes routiers et les grosses villes (je n’ai pas souvent de téléphone portable avec Google Map et une connexion). Si je n’ai pas d’imprimante sous la main, je note sur un bout de papier toutes les grosses villes et les noms des routes, ça me permet de me repérer plus facilement. Il n’y a rien de pire que d’accepter de monter dans une voiture et d’aller finalement dans la direction opposée. Et si je vous dis ça, c’est car cela m’est déjà arrivé pendant mon Paris-Budapest. Je me suis retrouvé en Suisse en direction de l’Italie alors que je souhaitais aller vers l’Est… Bref, demandez bien au conducteur sa direction.

Avoir l’application Maps.me

Je n’aime pas voyager avec un téléphone portable mais si vous avez un smartphone, vous pouvez installer l’application Maps.me qui permet d’avoir les cartes en mode hors connexion.

Avoir un petit sac à dos

Je ne le dirais jamais assez : Voyager léger ! Ca va de soi, mais lorsqu’il s’agit de faire son sac à dos pour faire le tour du monde, la plupart des personnes oublient ce conseil : ne vous encombrez pas de l’inutile et allez à l’essentiel ! Avoir un sac qui ne prend pas toute la place du coffre, c’est quand même plus sympa. Et si vous n’êtes pas tout seul à faire du stop, cela sera plus simple de trouver une voiture qui vous laissera embarquer. J’ai déjà été pris dans des voitures où il y avait juste assez de place pour moi et mon mini-sac. J’aurai eu un sac à dos de 60 litres, c’est sûr que je ne rentrais pas dans la voiture. Bref, compact et léger le sac !

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Soigner les apparences

Ça parait logique, mais je suis obligé de faire un point là-dessus ! Pour être pris en stop, vaut mieux renvoyer une belle image pour que les gens aient immédiatement confiance en vous !

L’habit fait le moine

Les apparences sont importantes. En tant qu’automobiliste, avez-vous envie de prendre quelqu’un avec une hache et du sang sur le visage ? Moi perso, non. Essayez d’avoir l’air propre (pas besoin de l’être héhé). Plus votre tenue sera neutre, plus des gens de tous horizons vous prendront.

Lunettes de soleil : oui ou non ?

Le regard est très important. En un regard, on sait immédiatement si on peut faire confiance à quelqu’un. Même s’il y a du soleil à en perdre la rétine, j’essaye de ne pas mettre de lunettes de soleil. Et si le soleil est vraiment trop intense et que j’en porte, si une voiture s’arrête, je les retire pour aller parler à l’automobiliste.

Barbe ou pas barbe ?

No comment, soyez comme vous êtes !

Avoir une pancarte marrante / marquante

Un smiley, une destination lointaine, votre pays d’origine, les gens sauront à qui ils ont affaire et que vous avez des histoires à raconter.

Avoir un signe distinctif qui donne envie de vous prendre

Perso, je fais souvent du stop avec ma casquette de Capitaine 🙂 Mais vous pouvez aussi bien avoir un drapeau de votre pays, avoir un instrument de musique, tout est bon pour vous démarquer et pour donner envie de vous prendre !

Etre actif et debout

Parfois, je croise des autostoppeurs qui attendent sagement par terre, sans même regarder la route, en espérant qu’une voiture s’arrête. Auriez-vous envie de prendre quelqu’un qui est avachi par terre à côté de son sac ?? Si vous voulez maximiser vos chances, restez debout et soyez prêt à courir pour rejoindre la voiture qui s’arrête 😀

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Que faire en cas d’attente trop longue ?

L’autostop, cela ne marche pas à tous les coups. On peut attendre looooooonnnnnnnnnnngtemps sur un bord de route avant qu’une voiture arrête. Pour ma part, j’ai au maximum attendu 2 heures. C’était en Patagonie Argentine, et les voitures ne se battaient pas vraiment pour passer… Je n’avais donc pas le choix que d’attendre. Je peux vous assurer que quand une voiture passait, je donnais tout ce que je pouvais pour donner envie à l’automobiliste de s’arrêter !

Changer d’endroit

S’il y a du trafic et que vous n’arrivez toujours pas à stopper une voiture, c’est peut-être que votre endroit n’est pas le plus stratégique… Il serait peut-être utile de changer de position. Parfois une centaine de mètres change tout.

Faire une pause / Se ressourcer

L’autostop, c’est crevant et cela demande de l’énergie, beaucoup d’énergie.  Quand on est dans la voiture, on se doit de faire la discussion avec le conducteur et faire la sieste serait plutôt mal vu. Bref, le repos n’est pas permis.

Alors quand je dois recommencer à faire du pouce, je préfère être à 100% avec un niveau d’énergie au top du top. Au lieu d’enchainer tout de suite, je prends du temps pour moi : manger, boire, me reposer, lire, en gros recharger mes batteries avant de me relancer dans la bataille. Rien ne sert de courir, il faut arriver en vie.

Abandonner ? Et pourquoi pas !

Il n’y a pas de honte à changer de projet. Dans le sud de l’Argentine, je voulais faire du stop pour rejoindre la prochaine ville à 150 kilomètres de là… Sauf qu’il n’y avait pas une seule voiture qui passait, que j’étais fatigué comme jamais, que je n’étais pas pressé… Bref, au bout d’une heure et demie à attendre dans le froid patagonien, je suis rentré à l’auberge où j’avais dormi la veille. Je me suis fait un bon plat de pâtes et j’ai attendu le bus du soir qui faisait le même trajet pour 10 euros…

Bon courage à toutes et à tous !

J’espère que tous ces conseils vous seront utiles. N’oubliez pas, c’est en pratiquant qu’on s’améliore ! Après avoir attendu des heures, il n’y a rien de plus réconfortant qu’une voiture qui s’arrête, parole d’autostoppeur.

Bonne route les amis

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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3 Comments

  1. TravelMike 1 septembre 2016 à 22 h 01 min - Reply

    Super article !!! Je suis conplétement d’accord avec tout ce que tu a écris,ces tout a fait ca.Je voyage énornmément en stop et si je doit donner les 3 point les plus important,en 1 enplacement,en 2 apparence avec le sourire et en 3 s’ouvrir et parler au gens dans la voiture pour que le conducteur vous dépose a un bon endroit pour repartir dérrière,il m’arrive souvent qu’il fasse des détour exprès.

  2. Astrid 26 janvier 2017 à 14 h 50 min - Reply

    Nickel tes conseils, je ne peux que confirmer, notamment sur le point « soigner les apparences », c’est bête à dire mais tu as raison ça change tout!
    Son dernier article : Préparer un TDM #6 : gérer les documents administratifs (visas, assurances…)

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