Si je devais refaire une campagne de financement participatif

Ecrit le 23 Mar 2017

Ma campagne de financement participatif pour mon livre et film sur ma TransAtlantique vient de se terminer avec succès ! 5000 euros financés en 16 jours, c’est une belle réussite et une surprise. J’avoue que j’ai douté de la réussite du projet dès le 5ème jour et que je n’y croyais plus vraiment.

Avant de me lancer, j’avais bien étudié le sujet et lu une pléthore de conseils pour réussir son crowdfunding. Les articles qui m’ont été les plus utiles sont ceux relevant d’un vrai retour d’expérience. C’est pourquoi j’ai décidé à mon tour de vous livrer les conseils que je me donnerais à moi-même si je devais refaire une campagne de financement participatif.

Mon objectif était de vendre en précommande mon LIVRE et DVD sur ma traversée de l’Atlantique en voilier. L’argent permet de financer le projet (édition / impression). En échange d’une contribution, un produit physique est délivré.

Il y a des choses à respecter et des choses qu’on ne contrôle pas.

Croire que l’argent va affluer comme par magie est utopique. Chaque contributeur le fait parce que vous l’avez incité. Rares sont ceux qui vont contribuer alors qu’ils n’ont jamais entendu parler de vous. Pour ma part, cela fait deux ans que je crée une communauté autour de mon blog de voyage Capitaine Rémi. Plus de 6000 fans sur Facebook avec des taux d’interactions à faire pâlir un pro de la com, je me sens soutenu dans chacune de mes aventures au bout du monde. J’ai toujours offert à ma communauté des récits d’aventures, des vidéos et des histoires, et même parfois fait gagner des petits cadeaux financés de ma poche. Mais je n’ai jamais rien vendu à ma communauté. C’est un point super important à préciser.

La différence entre demander un pouce bleu et demander une somme d’argent est monstrueuse. On ne lâche pas 10 euros comme ça à quelqu’un qu’on suit sur Internet. J’imagine que mes 6000 fans suivent un tas d’autres pages Facebook. Il faut avoir construit une relation de confiance avec son lecteur pour espérer que celui-ci finance votre projet. Au final, 186 contributeurs sur 6000 fans, ca fait 3% de taux de conversion, c’est un très bon chiffre.

C’est mon réseau déjà établi qui m’a permis de réussir ce crowdfunding. J’avais déjà rencontré IRL (physiquement) plus de 50% des contributeurs.

Financer par des entreprises ?

Des entreprises peuvent aussi financer votre projet. Mais convaincre une compagnie prend encore plus de temps que convaincre une personne. Il faut donc déjà avoir approché la société pour espérer qu’elle investisse dans votre projet. Ne croyez pas qu’une entreprise va tomber sur votre projet par hasard et le financer, c’est presque impossible. J’ai proposé une contribution de 1500 euros spécial entreprise. Mais sans relation et sans contact, à moins que votre projet soit un truc de OUF, cela me semble difficile.

Plan de communication : Publicité et Newsletter

Sur un temps très court, il est difficile de convaincre à une décision d’achat. C’est donc plus simple de convaincre les personnes qui vous connaissent déjà. J’ai décidé de payer des pubs Facebook en ciblant uniquement mes fans afin qu’ils ne ratent pas l’info.

J’ai également ciblé les amis de mes amis qui ont un attrait pour la lecture et la voile, mais à part gagner quelques fans sur Facebook, l’intérêt m’a semblé limité.

J’ai partagé à plusieurs reprises ma campagne sur les groupes Facebook en rapport avec le monde de la mer et du voyage. Au final, très peu d’adhérences. Les gens vont voir le projet et basta. Taux de conversion très faible et impossible de les retargeter.

Avec la plupart des plates-formes de crowdfunding, il est impossible de mettre le pixel de tracking Facebook pour faire du retargetting. Ça aurait été intéressant pour faire des pubs ciblés à ceux ayant visité la page du projet.

J’ai également envoyé deux newsletters à mes 800 contacts (Vous pouvez vous abonner ici), une au début du projet et une autre deux jours avant la fin. Les deux fois, j’ai eu des contributions dans l’heure de la newsletter. Plutôt positif.

J’ai changé plusieurs fois le visuel de ma campagne de crowdfunding afin de le rendre plus attractif. L’image est très importante car c’est elle qui s’affiche aussi sur les réseaux sociaux lorsqu’on partage le projet. De plus, vu que je vends un produit (un livre et un DVD), il était important pour moi de montrer le produit physique, ce qui n’était pas le cas au début.


Psychologie d’un projet de crowdfunding

On parle rarement de ce qu’il se passe dans la tête d’un lanceur de projet. Tout n’a pas été rose.

J’ai eu 3 étapes distinctes :

1) Le début où l’excitation est là

On a la patate. On voit les premières contributions arrivées et on a l’impression que ca va être facile d’atteindre les 100%. La confiance est bien présente et on a mille et une idées pour communiquer sur sa campagne. On n’hésite pas à aller voir tous ces contacts avec pugnacité. On y croit dur comme fer et rien ne pourra nous arrêter. D’ailleurs, les retours sont tous positifs.

2) Le milieu où rien ne se passe

Psychologiquement, c’est dur. On a l’impression d’avoir abattu toutes ces cartes et que rien ne se passe. Les gens ne sont pas aussi réactifs qu’on l’avait espéré et on se rend compte que ca ne va pas être du gâteau. On se prend des revers dans la gueule de personnes pas trop contentes qu’on leur demande de l’argent. Pour ma part, grosse remise en question de tout le projet. D’où la nécessité d’avoir un projet carré et très bien défini ! J’ai reçu pas mal de réactions négatives d’inconnus, ce qui a pas mal détérioré mon état d’esprit. Un extrait pour la forme :

Ton expérience et ton récit sont d’une banalité et d’un ennui que les lecteurs auront plus envie de refermer le livre que d’acheter le second volume. Pour les vidéos c’est pire.

Oui quelqu’un a osé me dire ça. On s’expose aux critiques et ca peut faire mal. J’étais prêt à mettre fin au financement en complétant moi-même la cagnotte, tellement j’en avais marre et que je n’y croyais plus. Mais j’ai tenu et j’ai essayé de me concentrer sur le positif. J’étais à mi-chemin et il y avait déjà 80 personnes qui me soutenaient.

3) La fin où les gens se réveillent

Quand la fin approche, il est beaucoup plus simple de communiquer. Il ne reste plus que X jours pour participer. Cela incite les gens à financer le projet. Les personnes vous soutiennent de toute part et vous aident dans votre communication. C’est juste hallucinant le nombre de partages que j’ai eu sur Facebook. À 4 jours de la fin, il restait 2000 euros à collecter et j’ai vraiment senti les gens se mobiliser pour que le projet se finisse bien. D’un point de vue psychologique, on a le sentiment d’avoir fait le plus dur et que c’est maintenant que tout se joue. On est donc au taquet et on n’hésite pas à relancer tout le monde comme il se doit.


Mes conseils pour réussir son crowdfunding

Bien prévenir en amont

Avant que la campagne commence, il faut chauffer tous ces contacts. Je l’ai fait qu’une semaine avant et c’était loin d’être suffisant. Commencer à en parler 1 mois avant, afin de teaser et de donner envie aux gens de suivre le crowdfunding. Cela permet aussi de les impliquer dans la démarche et de souligner que leur contribution dès le premier jour est primordiale. Je trouve important de dire HAUT et FORT de ne pas attendre le dernier jour pour contribuer (ce que feront la plupart des gens quoiqu’il arrive). Les prévenir bien en amont leur permet de gérer leur budget du mois.

Bien gérer l’écart entre les contributions

Il y avait trop d’écart entre mon palier de 50 et 150 euros, j’aurai dû proposer un palier intermédiaire (100 euros par exemple).

Bien réfléchir à la durée du projet et la date

16 jours, c’est court. J’ai choisi 16 jours pour que la campagne soit intense et pas qu’elle s’éternise 2 mois. J’avais lu partout qu’il fallait une campagne courte et percutante. C’est vrai. Avec du recul, je ferai en sorte que la période se trouve à cheval sur 2 mois et qu’elle dure quelques jours de plus. Du 15 Janvier au 10 Février par exemple. Cela permet aux contributeurs de gérer leur dépense et d’avoir le salaire du mois suivant.

Chaque chose en son temps : Palier 100% – 200% – 300%

Ulule conseille de proposer des améliorations du projet au cas où on atteint les 100%. Ceci afin d’inciter les gens à contribuer et à partager l’information. J’avais donc prévu en amont les paliers 200%, 300%, 400% etc. Inutile. Chaque chose en son temps. Je vous invite à atteindre un palier avant d’afficher le suivant.

La vidéo avant tout

Sur smartphone, le contenu texte du projet n’est pas du tout mis en avant. Il est accessible après un clic sur un lien caché. Ce qui est bien visible, c’est la vidéo, suivie des contributions. Je vous conseille donc de bien expliquer dans la vidéo TOUT le projet, sachant que beaucoup de personnes ne prendront pas le temps de lire le texte. J’ai d’ailleurs été impressionné par le nombre de personnes qui l’ont survolé, voire ignoré, alors que la présentation écrite du projet était plus complète.


Ce qui m’a sauvé dans ce crowdfunding ?

  1. Les messages personnels
    Les appels, les SMS, les emails et les messages privés sur Facebook sont ce qui marche le mieux. Il n’y a pas plus efficace qu’une discussion en ONE / ONE. C’est compliqué de revenir parler à un vieux contact pour lui demander de financer son projet. J’ai commencé à le faire au début, mais ça me semblait déplacé. Je le faisais à reculons et je ne me sentais pas du tout à l’aise dans cette position de demandeur. Pour les personnes perdues de vue, j’ai donc préféré faire des messages par groupes (école, entreprise, amis, etc).
  2. Les grosses contributions
    Je les avais mises sans trop y croire et pourtant elles sont parties ! Les bonnes surprises peuvent arriver à n’importe quel moment. Pour ma part, j’en ai eu tout le long du financement. Quand je voyais la taille de certaines contributions, je tombais de haut et je me disais : WHAHHHHHH ! Je ne pensais pas que des personnes mettraient autant ! Et le dernier jour, un fou furieux a même mis 20% du projet total. Juste hallucinant !!!!!
  3. Mon réseaux et ma communauté
    Ce projet n’aurait jamais vu le jour sans le soutien de ma communauté. C’est indéniable et j’en suis profondément reconnaissant.

Si vous aussi, vous voulez faire une campagne de financement, je vous souhaite à toutes et à tous bon courage. N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez.

En attendant, je m’y mets, j’ai un livre à écrire 😉

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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