Grr2 Réunion : de Dos d’âne à Aurère (étape 3)

Ecrit le 31 Oct 2017

La Traversée de la Réunion – jour 3

Depuis que j’ai commencé le GrR2, je n’arrive pas à dormir et mes nuits sont très courtes. Ce matin, debout 6h naturellement et je profite de ce reveil matinal pour écrire. Je prends un dejeuner bien copieux au gite du piton d’or en compagnie de Clément et Gaëlle rencontré la veille. Ils font le même trajet que moi aujourd’hui mais nous ne marcherons pas ensemble. De Dos d’âne à Aurère, c’est 850m de dénivelés négatifs et pareil en positif, autant vous dire que je vais en chier. Ils partent directement après le dejeuner, tandis que je finis de recharger mes batteries et poste ma 1ere video de mon aventure. Ce n’est pas tous les jours qu’on a du Wifi dans les montagnes.

Le proprio du gite vient me voir avec un énorme porte feuilles comprenant téléphone portable, carte d’identités, Cb et quelques billets. C’est celui du couple qui l’a oublié dans sa chambre. Ma mission : les retrouver pour rendre leur précieux.

Je pars sur les coups de 9h et traverse la ville de dos d’âne. Je suis confiant sur la journée. Le topoguide indique 5h30 de marche, ça devrait le faire. J’entame  2h30 de descente vers le cirque de Mafate. La vue est hallucinante, j’ai l’impression que l’on m’a téléporté dans une carte postale. Il fait chaud et humide, je bois tant que je peux car je perds des hectolitres de sueur. Mes bras et mon cou rougissent à vue d’oeil malgré les arbres qui me protègent du soleil. On entend une dizaine d’hélicoptères défilés au creux de la vallée, et même un énorme avion qui rase les montagnes. A chaque point de vue, je m’arrête émerveillé par la beauté du paysage. Les quelques nuages qui surplombent les monts ajoutent un jeu d’ombre et de lumières. Le sentier pour descendre est dangeureux. Je croise plusieurs stells annoncant le décès de randonneurs du GR.  Il y a des parties avec des cordes metalliques contre la paroi, des échelles pour passer des endroits périlleux. Il ne faut pas se rater. Le cirque de Mafate est devant moi avec la rivière des galets  en contre bas. Jouissance occulaire.

Arrivé en bas, je prends mon maigre dejeuner au bord de la rivière (2 barres de céréales) et prends quelques plans avec mon drone. Je me rafraichis le visage et le cou qui commence à bruler. En repartant, j’interpelle une famille pour leur quémander de la crème solaire. Il me reste 3h de marche et sous cette chaleur je ne vais pas tenir.

Après avoir dépassé les 2 bras, j’entame la montée avec détermination et depasse un groupe de 8 personnes. 800 mètres de dénivelés positifs faits de marches non règlementaires. J’applaudis mentalement ceux et celles qui sont venus poser ces bouts de bois pour faciliter la montée de touristes.en mon genre. J’arrive à une sorte de ravin et l’occasion est troo belle pour faire des imaged aériennes. Je passe une demi heure à courir dans tous les sens pour essayer d’avoir le plan parfait. Je me fais doubler par le groupe que je ne reverrais jamais. Je n’ai plus d énergie et le panneau que je croise indique encore 1h de marche.

J’avais 2 litres d’eau en partant ce matin et mes gourdes sont vides depuis le déjeuner. Jai raté les sources qui etaient indiquées sur le chemin. Je regrette de ne pas avoir fait le plein à la rivière, mais je craignais qu’elle ne soit pas potable. Je finis par croiser une source. Un bambou coupé sort d’un renfoncement au bout duquel coule un filet d’eau. Je fais une bonne pause de 20min pour refaire le plein. C’était indispensable !

Je repars le coeur vaillant, déterminé à arriver au bout. La fin ne se fait pas tarder. J’aperçois une fille au bord du chemin. C’est Gaëlle qui nous attendait moi et son porte feuille. Je n’ai réservé aucun refuge en avance durant ce périple et c’est toujours avec doute que jarrive dans un gite. Il y aura t’il de la place pour moi ? Au pire, je dors dans la salle à manger avec mon duvet me dis-je.

L’accueil est toujours chaleureux et ici à l’auberge du piton cabris, on est dans un petit paradis. Un jardin entretenus où batifollent les oiseaux, le tout encerclé par les montagnes. Emmanuel, le gérant me montre ma chambre de 4 personnes avec lits superposés. Pour 42 euros, j’ai le droit à l’offre complète : douche chaude, diner, punch, nuité et petit déjeuner.

Je sympathise avec les autres randonneurs. On prend une bière au coucher du soleil et dinons à une grande tablée. On finit par faire une partie de scrabble. Il est 21h30 et tout le monde va se coucher sauf moi. Il faut que j’écrive. Quand on randonne, on est tellement épuisé que cela nous importe peu de nous coucher tôt.

Demain, petit dejeuner à 7h et objectif Grande Place

Mon journal de bord

 

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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