On n’a qu’une seule vie

Ecrit le 18 Mai 2017

J’ai toujours cru à ma bonne étoile et j’ai l’intime conviction que je vivrais très longtemps. C’est quelque chose qui est ancré en moi depuis mon plus jeune âge. J’ai le sentiment d’être invincible et de pouvoir affronter n’importe quelle épreuve de la vie. Et si je dois mourir un jour, je mourrais sans regret aucun. J’ai toujours fait ce que j’ai voulu faire avec pour motto :

On n’a qu’une seule vie

La vie ne tient qu’à un fil et je compte bien en profiter avant que le fil ne se coupe. Lorsque j’avais 9 ans, j’ai été le témoin d’une scène atroce. J’ai toutes les images en tête et elles ne me quitteront jamais. On était que des enfants et tout est allé si vite.

Avec mon frère et mes cousins, nous faisions une cabane dans la forêt, tout ce qu’il y a de plus normal. En manque de bois, nous décidons avec mon cousin Damien d’aller en chercher un peu plus loin, au-delà du chemin de fer. Mon cousin est en premier. Il est plus grand, il a 11 ans, c’est lui qui ouvre la marche. Il est en plein milieu des rails quand un train se met à klaxonner. Le train est encore loin, plus d’une centaine de mètres, et Damien a largement le temps de partir. Mais voilà, Damien est immobilisé par la peur. Il est tétanisé. Le train approche et klaxonne de plus en plus fort. Je crie le nom de Damien. Immobile, il est incapable de bouger, il fixe le train. La seconde d’après, le train percute mon cousin et lui ôte la vie. C’est fini. L’incompréhension totale. Que vient-il de se passer ? Je n’en ai aucune idée. Tout est allé si vite. Spectateur de la mort, je reste de marbre. Comment est-ce possible de partir aussi rapidement ? Il y a encore quelques minutes, nous étions en train de monter une cabane, et à présent il ne fait plus partie de ce monde.

Je pense très souvent à lui, à ses parents, à ma famille, à cette fin brutale, à ce destin tragique. J’ai l’impression qu’il me regarde, de là-haut. Je ne suis pas croyant, et pourtant, j’ai pris l’habitude de lui parler. Depuis tout petit, je lui dis : « Regarde, je vais doublement vivre la vie pour toi » et j’espère qu’il est fier de moi. Je ne souhaite à personne d’expérimenter ce genre d’histoires mais elles ont le mérite de nous faire réfléchir sur le sens de la vie. Faut-il attendre des expériences révélatrices pour commencer à vivre ? Faut-il côtoyer la mort pour comprendre qu’elle arrivera un jour, indéniablement ? Mourir ne me fait pas peur. Ce qui me fait peur, c’est de ne pas vivre assez, d’être le spectateur de ma vie et non l’acteur.

Il faut vivre maintenant, car demain est incertain.

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A propos de l'auteur : Capitaine Rémi

Un presque trentenaire baroudeur qui partage sa passion du voyage. Je vagabonde depuis des années et je suis actuellement en tour du monde pour 2 ans minimum. Je réalise des défis aux 4 coins de la planète et t'encourage toi aussi à vivre tes rêves ! En savoir plus

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3 Comments

  1. Astrid 20 mai 2017 à 6 h 09 min - Reply

    Salut Rémi, wow, je ne sais pas quoi écrire à la suite de ce récit touchant, triste mais optimiste à la fois. Peut-être juste ceci : je pense bien fort à toi et je te félicite pour cet hommage que tu rends à Damien en menant ainsi ta vie… Amitiés 🙂
    Son dernier article : Le Laos au fil du Mékong, entre fascination et enchantement

  2. Jenny 23 mai 2017 à 5 h 56 min - Reply

    Wow………. Ya des trucs, ça remet les idées en place!!

  3. Amélie 7 juin 2017 à 6 h 57 min - Reply

    Très fort cet article Rémi… Trop de personnes (dont moi) attendent « le moment pour » en faire plus, plus grand, plus fort.
    Et c’est pourtant la pire des choses à faire, c’est exactement comme rester tétanisé en voyant la mort venir.

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